Pour Microsoft, Copilot relevait du divertissement
Quand nous avons publié cet article en avril 2026, les Conditions d’utilisation de Copilot de Microsoft contenaient une phrase qui méritait d’être lue deux fois :
Copilot is for entertainment purposes only. It can make mistakes, and it may not work as intended. Don’t rely on Copilot for important advice. Use Copilot at your own risk.
Ce n’était pas un brouillon oublié. Les archives des conditions d’utilisation montrent cette formulation dans plusieurs versions. L’entreprise qui diffusait des publicités pleine page sur la « productivité dopée à l’IA » faisait classer le produit comme divertissement par ses avocats.
Un commentateur sur Hacker News a trouvé l’analogie parfaite : « Le nouveau “à usage de tabac uniquement” de la tech. »
Mise à jour, octobre 2026 : la version en vigueur depuis le 18 août 2026 supprime la phrase. Elle indique désormais : « Do not use Copilot as a substitute for professional advice. Always verify the accuracy of information presented by Copilot before you rely on it. » Toute garantie reste exclue, et les conditions précisent qu’elles ne s’appliquent pas aux personnes connectées avec un compte professionnel, scolaire ou d’organisation (Entra), c’est-à-dire la façon dont les entreprises utilisent Microsoft 365 Copilot.
Ce que Microsoft facture pour Copilot
Entre-temps, la tarification de Copilot est devenue un paysage à elle seule. En octobre 2026 :
| Formule | Prix | Ce que vous obtenez |
|---|---|---|
| Copilot Chat | Gratuit | Chat appuyé sur le web, inclus dans les forfaits Microsoft 365 éligibles |
| Copilot Pro | Plus commercialisé | Remplacé par Microsoft 365 Premium |
| Copilot Business | 21 $/mois, 18 $ la première année pour les abonnements annuels souscrits jusqu’au 31 décembre 2026 | PME jusqu’à 300 utilisateurs |
| Microsoft 365 Copilot | 30 $/mois | Organisations de grande taille |
| Copilot Studio | 200 $ par pack de crédits, ou paiement à l’usage | Création d’agents personnalisés |
D’après la page de tarification de Microsoft, Copilot Business et Microsoft 365 Copilot exigent chacun « a separate license for a qualifying Microsoft 365 plan ». Pour votre budget, le prix de Copilot n’est donc qu’une partie de la facture.
Et les conditions de Copilot ne peuvent toujours pas garantir que ses réponses n’enfreignent pas les droits d’auteur de quelqu’un.
Le paradoxe marketing-juridique
Sur la page entreprise de Copilot, des affirmations audacieuses : « 100%+ Projected ROI with potential payback in 10 months. » Plus bas : « 8+ hours of projected time savings per user per month. »
Sur les Conditions d’utilisation, en majuscules :
WE DO NOT MAKE ANY WARRANTY OR REPRESENTATION OF ANY KIND ABOUT COPILOT.
Les deux pages appartiennent à Microsoft et vendent toutes deux le nom Copilot. Les conditions couvrent l’application Copilot personnelle, tandis que la page du ROI vend Microsoft 365 Copilot aux entreprises. Une seule des deux est un document juridique.
Comme l’a formulé l’utilisateur Hacker News andy81 : « La seule chose claire dans ce contrat de licence, c’est qu’il contredit tout le reste du marketing de Microsoft sur Copilot. Soit ce document est frauduleux, soit tous les autres chez Microsoft commettent une fraude quotidiennement. »
Ça va plus loin. Plus tôt cette année, Microsoft a tenté de supprimer les avertissements IA des réponses Copilot dans M365, invoquant la « distraction » des utilisateurs. Cinq jours et un tollé plus tard, ils ont fait marche arrière. L’avertissement « sera toujours visible », ont-ils déclaré — admettant implicitement que ces mentions sont structurelles, pas cosmétiques.
Pourquoi « divertissement » était exactement le point central
Ce n’était pas de la rédaction bâclée. C’était de l’architecture juridique.
En classant Copilot comme divertissement, Microsoft se protégeait contre les réclamations en responsabilité produit. Si Copilot hallucine un chiffre financier dans votre présentation au conseil, génère du contenu qui enfreint les droits d’auteur de quelqu’un ou donne à votre employé un conseil dangereusement erroné, c’est votre problème. Les conditions d’avril 2026 parlaient de divertissement. Les actuelles précisent que Microsoft « is not responsible for any consequences that arise from your use of or reliance on Copilot. »
Le chercheur en sécurité Reed Mideke a résumé parfaitement : « Microsoft n’a aucune idée de comment stopper l’injection de prompt ou les hallucinations, ce qui le rend fondamentalement inapte à tout usage sérieux. La solution ? Transférer la responsabilité à l’utilisateur. »
Pour une entreprise qui achète de l’IA, une question devient décisive : qui porte le risque quand la réponse est fausse ? Le marketing vend Copilot comme une infrastructure essentielle, et les conditions font peser chaque conséquence sur l’utilisateur. Avant un déploiement, vérifiez de quelles conditions relève votre licence et ce qu’elles promettent sur l’exactitude.
96,7 % des utilisateurs ont dit non
Le marché a voté. Début 2026, seuls 3,3 % des utilisateurs de Microsoft 365 payaient pour Copilot : 15 millions de licences sur plus de 450 millions. Parmi ceux qui ont payé, à peine un tiers l’ont activé. Parmi les organisations ayant mené des pilotes, seules 5 % sont passées à un déploiement plus large.
Relisez ces chiffres : 96,7 % de la base installée M365 a regardé Copilot et a dit non.
La réponse de Microsoft ressemblait à de la panique déguisée en stratégie. Ils ont réduit le prix business à 18 $ par une promotion, puis proposé un nouveau prix de 18 $ la première année pour les abonnements annuels souscrits entre le 1er juillet et le 31 décembre 2026. Ils ont inséré des boutons Copilot dans le Bloc-notes, Paint et l’Explorateur de fichiers — jusqu’à ce que les utilisateurs se plaignent et que les fonctionnalités soient retirées. Le cours de l’action Microsoft a chuté de 15 % début 2026 alors que les investisseurs se lassaient « des dépenses massives en capital pour l’IA qui n’ont pas encore produit une explosion proportionnelle des revenus. »
Comme nous l’écrivions lors de la baisse de prix : un Copilot moins cher ne résoudra toujours pas votre problème d’IA. Le problème n’a jamais été le prix. C’est ce qu’il y a derrière.
Copilot Cowork : l’aveu à 99 $
Quand votre propre IA était juridiquement classée comme divertissement, que faisiez-vous ? Vous achetiez celle de quelqu’un d’autre. Deux fois.
Rappelons les faits : en octobre 2025, Microsoft détenait 27 % d’OpenAI, une participation de 135 milliards de dollars construite sur 13 milliards d’investissement. Copilot a été construit sur les modèles d’OpenAI, et Microsoft était le plus grand actionnaire externe d’OpenAI. Pourtant, quand il a fallu construire une IA qui agit réellement au lieu de générer du texte, ils ne sont pas allés chez OpenAI. Ils sont allés chez Anthropic.
En mars 2026, Microsoft a lancé Copilot Cowork, son entrée dans l’IA agentique. Microsoft n’a pas construit la technologie agentique et n’a pas non plus utilisé son investissement de 13 milliards dans OpenAI. Ils l’ont licenciée auprès d’Anthropic, une entreprise totalement distincte, pour environ 500 millions de dollars par an selon la presse.
Le blog de Microsoft lui-même était remarquablement candide : « Working closely with Anthropic, we have integrated the technology behind Claude Cowork into Microsoft 365 Copilot. » Relisez — la technologie derrière Claude Cowork. Pas inspirée de. Pas similaire à. La technologie elle-même.
Au lancement, Microsoft a placé Cowork dans la nouvelle suite M365 E7 « Frontier Worker » à 99 $ par utilisateur et par mois, une hausse de 65 % par rapport à E5, présentée comme une remise par rapport à l’achat séparé des composants (E5 à 60 $ + Entra Suite à 12 $ + Copilot à 30 $ + Agent 365 à 15 $ = 117 $). Aujourd’hui, Cowork est facturé à l’usage : l’organisation paie selon ce que ses utilisateurs font avec Cowork. La même FAQ confirme que Cowork utilise les modèles Claude d’Anthropic en tant que sous-traitant.
Suivez la séquence : investir 13 milliards de dollars dans une entreprise d’IA, construire un chatbot sur leur technologie, le classer comme divertissement, regarder l’adoption s’effondrer, puis sous-traiter la partie difficile à une autre entreprise d’IA et facturer le résultat. Ce n’est pas une feuille de route produit. Ce sont deux drapeaux blancs.
Le fossé architectural
L’avertissement de divertissement et la sous-traitance de Cowork pointaient vers la même cause profonde : un fossé architectural générationnel.
Quand Microsoft s’est précipité pour lancer Copilot en 2023, ils ont greffé leur investissement de 13 milliards dans OpenAI sur Office et Teams : une barre latérale de génération de texte qui ne se souvenait pas de votre dernière conversation, ne pouvait pas coordonner d’actions entre les outils et n’agissait pas en votre nom. Microsoft a ajouté des fonctions depuis. La mémoire de Copilot est en préversion et stockée par utilisateur, dans sa propre boîte aux lettres, et Cowork exécute des tâches planifiées ou déclenchées par un e-mail.
Quand ils ont réalisé qu’un chatbot ne suffisait pas, ils ne sont pas retournés chez OpenAI, leur propre investissement. Ils sont allés chez Anthropic, une entreprise distincte, pour les capacités agentiques. Cowork tourne sur les modèles de quelqu’un d’autre, superposés à la stack existante de Microsoft et facturés à l’usage en plus de la licence.
amaiko a été lancée en juillet 2025, huit mois avant que Cowork n’existe. Pas une barre latérale. Un système multi-agents où un agent principal délègue à des spécialistes, consolide chaque nuit les conversations de votre équipe en connaissances d’entreprise et fonctionne nativement dans Microsoft Teams. Le briefing du matin et Active Inbox sont compris dans le prix par siège, avec des tokens illimités.
L’IA est un défi, et quiconque prétend le contraire vous vend quelque chose. Nous n’allons pas prétendre avoir tout résolu. Mais il y a une différence claire entre un éditeur qui a classé son propre produit comme divertissement et un autre qui construit des agents conçus pour du vrai travail. Nous détaillons la différence structurelle entre amaiko et Microsoft Copilot.
Et quand l’IA validée par votre entreprise porte le même nom qu’un produit que son propre éditeur qualifiait de divertissement, ne soyez pas surpris que vos employés commencent à utiliser la leur.
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